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Septembre en Or : "Comprendre pourquoi certaines tumeurs deviennent résistantes est essentiel"
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Le 30 septembre 2026false false
"Septembre en Or" sensibilise chaque année le grand public aux cancers de l'enfant, de l'adolescent et du jeune adulte. En France, près de 2 500 jeunes sont diagnostiqués chaque année d'un cancer. Au sein du Centre de Recherche en Cancérologie et Immunologie Intégrée Nantes Angers (CRCI²NA, Nantes Université, Inserm, Université d'Angers, CNRS) l'équipe CHILD consacre ses recherches aux cancers pédiatriques, en particulier aux sarcomes pédiatriques. Rencontre avec le responsable d’équipe, Benjamin Ory.
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je suis enseignant-chercheur à la faculté de médecine de Nantes et je dirige l'équipe de recherche CHILD* (CHromatIn and transcriptionaL Deregulation in pediatric bone sarcoma) au sein du CRCI²NA. Depuis 20 ans, notre équipe consacre ses recherches aux cancers pédiatriques.
Sur quoi portent les recherches de votre équipe ?
Nous nous intéressons principalement à l'ostéosarcome, la tumeur osseuse maligne primitive la plus fréquente chez les adolescents et les jeunes adultes. Cette tumeur naît directement dans l'os. Il s'agit d'une maladie rare : en France, on recense environ 400 nouveaux cas de tumeurs osseuses pédiatriques par an. Aujourd'hui, lorsque l'ostéosarcome est diagnostiqué tôt, le taux de survie à cinq ans est d'environ 70 %. En revanche, lorsqu'il existe déjà des métastases au moment du diagnostic, ce taux chute.
Au sein de l’équipe, nous étudions l’influence du micro-environnement tumoral sur le développement et la progression de la tumeur, c’est-à-dire ce qui se passe autour des cellules cancéreuses et qui peut influencer leur comportement. Nous nous intéressons aussi à l’épigénétique. L’objectif est de comprendre quels gènes le cancer utilise pour résister au traitement et pourquoi ces gènes sont activés alors qu’ils devraient être désactivés ou l’inverse, sans modifier l'ADN lui-même.
Comprendre pourquoi certaines tumeurs deviennent résistantes est essentiel, pour améliorer, à terme, les traitements proposés aux patients
Quels sont aujourd'hui les principaux défis de la recherche sur les cancers pédiatriques ?
Le premier défi est le nombre limité d'échantillons disponibles qui nécessite de travailler en réseau, à l'échelle nationale et internationale. Le second est de développer des traitements plus efficaces tout en réduisant leurs effets secondaires, particulièrement importants chez les enfants dont l'organisme est encore en développement.
Comment travaillez-vous avec le CHU de Nantes ?
Notre équipe est liée au service d'oncopédiatrie du CHU de Nantes. Les échanges avec les cliniciens permettent de faire émerger de nouvelles questions de recherche provenant de la prise en charge des patients et des problématiques rencontrées.
La recherche repose aussi sur de nombreuses collaborations. Quels sont vos principaux partenaires ?
La recherche est un véritable travail d'équipe. Au sein du laboratoire, biologistes, pharmaciens, ingénieurs, techniciens et enseignants-chercheurs mettent en commun leurs expertises. Chacun a sa spécialité de pathologie et d’approche, toutes liées aux cancers pédiatriques. L'équipe travaille également avec des partenaires nationaux le CRCL de Lyon et des équipes de Marseille et Toulouse ainsi qu'avec plusieurs partenaires européens dans le cadre du réseau FOSTER, dédié à la recherche sur l'ostéosarcome. Ces collaborations permettent de réunir des compétences complémentaires : analyses moléculaires, pharmacologie, modélisation préclinique, etc.
Par exemple, nous analysons le séquençage au sein de notre équipe. Une fois les gènes impliqués dans la résistance identifiés, nous travaillons avec des chimistes de Boston afin de tester des molécules et évaluer leur potentiel en pharmacologie. À terme, notre objectif est de rendre les traitements existants plus efficaces, notamment par le repositionnement de molécules déjà connues et utilisées dans d'autres maladies.
Les associations occupent une place importante dans la recherche. Que représentent-elles pour votre équipe ?
Les associations représentent un appui important pour nous. Leur soutien financier est essentiel au sein de l’équipe pour poursuivre nos recherches. Elles créent aussi un lien entre les chercheurs, les familles et les patients et sensibilisent le grand public à ces maladies rares. La Ligue contre le Cancer 44 joue aussi un rôle majeur dans le financement de la recherche sur les cancers pédiatriques. Notre équipe bénéficie actuellement d'un important projet collaboratif consacré aux cancers de l'enfant et de l'adolescent. Sans ce type de soutien, de nombreux projets ne pourraient tout simplement pas voir le jour. Merci à elle et aux associations pour leur soutien.
Le laboratoire ouvre également ses portes aux associations, aux familles et parfois aux jeunes patients. Ces visites donnent du sens à notre engagement. Elles rappellent que derrière chaque projet de recherche se trouvent des enfants, des adolescents et des familles qui attendent des solutions.
Que représente Septembre en Or pour vous ? Quel message souhaitez-vous adresser ?
Septembre en Or permet de rendre visible les cancers pédiatriques et de rappeler que la recherche a besoin de soutien. Plus ces maladies sont connues, plus elles attirent l'attention des pouvoirs publics, des financeurs et des associations. Chaque mobilisation compte. Ces dernières années, cette mobilisation collective a permis la création de nouveaux programmes de financement spécifiquement dédiés aux cancers pédiatriques. C'est une preuve que la sensibilisation porte ses fruits.
La recherche avance grâce au travail collectif. Chaque soutien, chaque don, chaque événement solidaire contribue à faire progresser les connaissances pour, à terme, proposer de nouvelles solutions aux enfants et adolescents touchés par ces maladies. Chercheurs, soignants, patients, familles, associations, bénévoles, donateurs et institutions contribuent ensemble aux avancées contre ces maladies.
© Ligue contre le cancer 2026