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Préserver la recherche et l’enseignement de toute ingérence : Nantes Université s’engage et s’outille de manière inédite pour protéger la liberté académique

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  • Le 10 juillet 2026
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Le Conseil d’administration de Nantes Université a adopté le 26 juin 2026 des principes et des mesures concrètes pour protéger et promouvoir la liberté académique. Visant à garantir la liberté de recherche, la liberté pédagogique et la liberté d’expression dans un monde de plus en plus fracturé et dans un contexte de menaces grandissantes, la liberté académique constitue un enjeu démocratique essentiel pour nos États de droit.


Choisir librement son sujet de recherche, décider de sa méthode, être autonome dans sa manière d'enseigner et d'évaluer ses étudiants : ces conditions, essentielles à l'exercice indépendant de la recherche et de la formation, relèvent de la liberté académique, "qui est une liberté composite" souligne Arnauld Lerclerc, professeur de science politique, responsable de la mission démocratie universitaire de Nantes Université. "Elle comporte à la fois la liberté de recherche : choix des sujets, des méthodes de travail, de la publication ou non ; la liberté pédagogique ; et la liberté d'expression de l'enseignant.e chercheur.e dans l'espace public, dès lors qu'il parle sur son sujet. La liberté académique, en résumé, vient protéger le cadre dans lequel on exerce."


 

Un intérêt sociétal majeur

Une liberté, un droit, qui ne concerne pas que le monde universitaire. Son exercice - ou non - a un impact direct sur notre démocratie. "La liberté académique est un droit fondamental reconnu à l'ensemble des personnels de l'enseignement supérieur et de la recherche, leur garantissant la liberté de penser, d'enseigner, de mener des recherches, de publier et de débattre à l'abri de toute ingérence, qu'elle soit politico-idéologique ou économique. La liberté académique garantit la libre circulation et l'excellence des savoirs (...) C'est un droit professionnel [mais] dont l'exercice bénéficie à l'ensemble des citoyens au sein d'un Etat de droit" explique ainsi Stéphanie Balme, chercheure et enseignante à Sciences Po Paris, dans le rapport consacré à la liberté académique publié en octobre 2025 à la demande de France Universités.
 

Des menaces bien réelles

Restriction de financement, interdiction de certains termes autour des études de genre, licenciements de chercheurs travaillant sur le réchauffement climatique : ces dernières années, les attaques de l'administration Trump contre la recherche américaine a mis en lumière de manière glaçante les conséquences de ces atteintes et la vulnérabilité des écosystèmes scientifiques. La prise de conscience s'accélère en Europe et en France : comme le précise Stéphanie Balme, "les atteintes à la liberté académique ne se limitent plus aux régimes autoritaires mais se manifestent même au coeur d'Etat de droit démocratique."

La chercheuse étudie dans son rapport les débats, attaques régulières de l'université autour des notions de wokisme, islamo-gauchisme, les annulations ou contestations de colloques, les crispations et conséquences de prises de position autour de la guerre israélo-palestinienne mais aussi les ingérences reconnues d'Etats extra-européens dans les domaines de recherche, actant de nombreux signaux d'alerte en France. "Les menaces externes sont les plus documentées et visibles" confirme Arnauld Leclerc, "mais les menaces internes, provenant de la société civile ou de la communauté universitaire existent également. Cela peut-être un.e étudiant.e qui filme un extrait de cours qui lui déplaît et qui va le mettre en ligne sur les réseaux sociaux pour générer des réactions virulentes de masse, des financeurs qui vont insister pour orienter une recherche de telle ou telle manière, etc."
 

Nantes Université agit concrètement

Dans ce contexte et suivant les recommandations de Stéphanie Blame qui souligne la nécessité que les universités s'emparent du sujet, Nantes Université a accéléré ses engagements envers la préservation de la liberté académique. 

En 2025, l'alliance européenne EUniWell a publié la déclaration commune "There can be no well-being without academic freedom"* en soutien au programme européen "Choose Europe for Science !" et pour réaffirmer que son engagement pour la science libre est au fondement de son action.




Fin juin, Nantes Université a franchi une étape supplémentaire en instaurant plusieurs mesures concrètes, visant à engager de manière forte l'établissement sur différents plans : 
  • La liberté académique a été étendue à tous les personnels et doctorant.es de l'établissement, quel que soit leur statut (statutaires comme contractuels) ; 
  • La protection fonctionnelle - dispositif d'accompagnement juridique pour les agents entravés - pourra être déclenchée en cas d'atteinte à la liberté académique, après avis du comité de liberté académique ;
  • Un module de formation pour sensibiliser et acculturer sera proposé à tous les personnels, en particulier les nouveaux maîtres de conférence et aux doctorant.es ; 
  • Un comité de liberté académique indépendant sera constitué. Ce comité viendra éclairer et réfléchir aux contours des libertés de recherche, d'enseignement, d'opinion ou d'expression. Il disposera d'une cellule d'urgence pour les situations qui nécessitent une analyse et une réponse rapide, et qui aura pour rôle de répondre à toutes les saisines individuelles, formuler un avis auprès de la direction de l'établissement, avis motivé, écrit et rendu public (sauf impératif de confidentialité) ;
  • Un référent liberté académique sera instauré, interlocuteur des personnels et des doctorant.es confrontés à une atteinte à leur liberté académique. Désigné parmi les enseignant.es chercheur.es du comité de la liberté académique, il contribuera également aux actions de prévention, sensibilisation et formation à destination des personnels et doctorant.es et assurera une veille sur les enjeux de la liberté académique ;
  • Des dispositifs de veille et d'évaluation seront instaurés, pour faire progresser les connaissances et l'état des lieux dans l'établissement. 



*"Il ne peut y avoir de bien-être sans liberté académique"

 
Mis à jour le 10 juillet 2026.