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  • Le 20 décembre 2021
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Dans une étude publiée le 16 décembre 2021 dans la revue Nature, des chercheurs de l’Université d’Exeter (UK), du Laboratoire de Géologie de Lyon et du Laboratoire de Planétologie et Géodynamique à Nantes lèvent le voile sur une des énigmes de Pluton.

Pluton, la plus grande des planètes naines, a été survolée le 14 juillet 2015 par la sonde américaine New Horizons. Ce passage unique a suffi à révolutionner la connaissance du système Pluton-Charon, révélant notamment une activité géologique imprévue de cette planète naine, encore en cours. Cette vigueur fut en effet une surprise dès lors que la distance de Pluton au Soleil et l’absence présumée de source intense de chaleur interne laissait plutôt présager d’un état fossile. La découverte la plus emblématique de la mission fut celle d’une plaine brillante, Sputnik Planitia, un peu plus vaste que la France, qu’on interpréta vite comme résultant du remplissage d’un cratère d’impact par la glace d’azote.

Ce bassin porte des marques étonnantes : des polygones plats délimités par des creux étroits, marqueurs d’une convection thermique de la glace qui renouvelle la surface en permanence. Le moteur de cette dynamique était jusqu’à ce jour une énigme. Malgré un faible ensoleillement, la glace d’azote est régulièrement sublimée, c’est-à-dire qu’elle se transforme directement en gaz. La sublimation entraîne un refroidissement local qui provoque des mouvements de la couche de glace sur des échelles de temps d’environ 100 000 ans, une vitesse comparable à celle des plaques tectoniques sur Terre.

Ce nouveau type de dynamique ressemble plus à celle des océans sur Terre qu’à celle des couches de glace des lunes de Jupiter et de Saturne. Elle pourrait intervenir à la surface d’autres objets planétaires tels que Triton, la lune de Neptune, ou Eris et Makemake, qui font partie des plus gros corps de la Ceinture de Kuiper.