• Formation
  • Inclusion
  • Orientation / insertion professionnelle
  • Recherche

Orientation : comment Nantes Université travaille pour ouvrir le champ des possibles

https://u-news.univ-nantes.fr/medias/photo/img-20240201-wa0006_1772635965243
  • Le 04 mars 2026
    false false

Université à l'essai, jeu de rôle Industri'elles, participation à Ma thèse en 180 secondes... En février et mars, Nantes Université déploie de nombreuses actions envers les lycéen·nes afin de favoriser leur projection vers les études supérieures. Une démarche protéiforme, inscrite dans une feuille de route ambitieuse de l'établissement pour favoriser l'ouverture et l'inclusivité, et permettre à l'Université de jouer pleinement son rôle social.

                    Ce matin des vacances scolaires de février, la file est longue devant le Pôle étudiant, chemin de la Censive du Tertre. Plusieurs cours, droit de la famille, initiation aux sciences politiques, statistiques pour l'économie-gestion ou encore psychologie clinique sont ouverts aux lycéen·nes des départements de Loire-Atlantique et de Vendée, venus découvrir les campus dans le cadre du dispositif "Université à l'essai". Certain·es se sont inscrit·es à un deuxième cours, d'autres déjeuneront au Restaurant universitaire, une poignée fera un tour du campus en petit groupe ou en binôme avec un·e étudiant·e. Une expérience qui tombe à point nommé alors que ces jeunes ont jusqu'au 12 mars pour formuler leurs voeux sur Parcoursup.

Université à l'essai - Février 2026  
                Pour favoriser la projection des élèves du secondaire vers les études supérieures, qu'elles soient universitaires ou non, Nantes Université déploie ou participe à un ensemble de dispositifs structurants, agissant sur différents leviers : l'acculturation à certaines filières, la lutte contre l'autocensure, ou encore l'identification de freins empiriques.

                Depuis 2024, une dynamique nouvelle s'est insufflée avec l'élaboration d'une feuille de route et d'un plan d'action dédié à l'ouverture et la diversité, qu'elle soit sociale, territoriale, migratoire ou de genre. Les projets envers les lycéen·es en constituent un des axes et rejoignent les engagements de l'établissement envers la démocratisation de l'enseignement supérieur et la lutte contre toutes les formes de discriminations.
 

L'ouverture sociale, une politique socle de l'établissement

                 "Dès 2022, nous avons souhaité impulser un travail autour de l'ouverture et la diversité sociale dans nos formations" explique Karine Foucher, vice-présidente déléguée Orientation et insertion professionnelle à Nantes Université. "Contrairement à certaines idées reçues, un même profil socio-économique apparaît sur-représenté : celui d'étudiant·es issu·es de familles favorisées, ayant grandi dans des unités urbaines. Les territoires ruraux ou ceux qualifiés en quartiers prioritaires de la ville peinent à émerger durablement. La situation est en outre très variable selon les formations et les composantes."

                 "Cette notion d'ouverture sociale s'intègre pleinement dans notre démarche d'ouverture" confirme Arnaud Guével, vice-président Formation et éducation ouverte. "Nous portons l'Education ouverte depuis 2020, et y inclure l'ouverture sociale, l'inclusion a du sens : ouvrir l'éducation, c'est la rendre accessible. Ce n'est pas que le partage de nos savoirs, ce n'est pas que revoir nos modalités d'enseigner, c'est la rendre possible, atteignable pour tous."
 

Une démarche intégrée et adaptée 

"Nous avons construit cette feuille de route en partant d'un travail de terrain" souligne Karine Foucher. "De nombreuses démarches existaient déjà, que nous avons pu développer ou soutenir davantage." C'est le cas, par exemple, pour Ma Thèse en 180 secondes. Cet évènement emblématique du monde de la recherche voit des doctorant·es venir "pitcher" leur sujet de thèse en trois minutes, devant un public non spécialiste en partie constitué de lycéen·nes. Cette année, la sélection pour la qualification nantaise s'est ouverte aux établissements participants à la Cordée de la réussite "Ouvrir les possibles !" pilotée par Nantes Université*. 50 lycéen·nes issu·es de deux établissements de Vendée (Challans) et de Loire-Atlantique (Chateaubriant) seront ainsi présent·es le 10 mars au Théâtre universitaire, aux côtés d'une centaine d'autres élèves du secondaire. 


 

Un effort marqué autour des études de santé

Le plan d'action a également permis de déployer de nouvelles démarches, comme la cordée "Etudes de santé", labellisée en 2025. "Cette cordée regroupe Nantes Université, le CHU, le centre hospitalier de Saint-Nazaire ou encore le groupement hospitalier de territoire Vendée" détaille Ornella Picart, chargée de mission à Nantes Université. "Dédiée au médical et paramédical, son objectif est de lutter contre l'autocensure et d'améliorer la compréhension des métiers." Plusieurs réalisations ont déjà été menées : intervention d'étudiant·es pour témoigner de leur parcours scolaire, temps d'immersion au pôle Santé de Nantes Université et visite des instituts de formation du CHU, réservation de places pour les stages de seconde au CHU et au groupement hospitalier en Vendée. "Les collèges et lycées participants ont été identifiés par le rectorat, en ciblant en priorité les zones de désert médical" poursuit Ornella Picard. Un projet pensé au coeur d'une démarche globale, qui comprend également l'ouverture, à la rentrée 2026 d'une première année de santé sur le campus de la Roche-sur-Yon
 

Un travail au long cours


Ouvrir les possibles et les imaginaires des élèves du secondaire, leur faire connaître les filières, leur donner confiance s'inscrit dans le temps long et nécessite d'activer des leviers spécifiques. Le jeu de rôle Industri'elles, conçu par l'Université de Nantes en 2014** par des personnels de la faculté des sciences et des techniques, de l'IUT, de Poly'tech et du service d'orientation universitaire, s'est construit sur cette ambition. Réservé aux lycéennes de seconde uniquement, le jeu leur propose "de se mettre dans la peau des professionnelles d'une entreprise fictive et de concevoir une innovation technologique, tout en respectant un cahier des charges" explique Sylvain Collet, enseignant-chercheur en chimie à Nantes Université et membre du Comité de pilotage. "Par équipes de huit, aidées par des expertes du monde de l'industrie, elles vont incarner quatre métiers liés à la conception, la production, l'organisation et la commercialisation ; concevoir un prototype et présenter leur projet devant un jury."

Désormais déployé sur les trois campus, Nantes, Saint-Nazaire et la Roche-sur-Yon, le jeu accueille entre 300 et 400 élèves chaque année. En 2026, pour la première fois, il s'est déroulé à l'école Centrale les 5 et 6 mars. Combien parmi ces jeunes filles embrasseront, à termes, une carrière scientifique ou industrielle ? La quantification précise reste difficile, tant ces actions agissent par ruissellement. Reste que les graines plantées ne sont pas vaines : par exemple, en 2025, l'une des expertes venues "coacher" les Industri'elles y avait participé, quelques années auparavant, comme lycéenne. "L'objectif n'est pas tant de recruter que de diffuser la culture technique, de créer des vocations" confirme Pierre Malige, enseignant en génie mécanique à l'IUT de Nantes et responsable du projet "Course en cours" pour les Pays de la Loire. Au cours de ce challenge, 200 équipes de lycéen·nes ou collégien·nes de la région imaginent, fabriquent et font courir un mini-véhicule électrique. Ce challenge rencontre un fort succès depuis 20 ans, et l'IUT de Nantes compte "40% de jeunes filles à son concours, un bon score."
 

Démocratisation et démocratie

          Favoriser les projections de la jeunesse vers un avenir professionnel, c'est aussi les inciter à travailler leur place de citoyen·ne. Réza Madiot, coordinateur de Divers[c]ités, un dispositif incluant une Cordée de la réussite, à l'école nationale supérieure d'architecture de Nantes, le résume parfaitement : "le premier objectif de notre Cordée est d'accompagner, dans nos 12 lycées partenaires, les élèves qui souhaitent s'orienter vers les études d'architecture. Mais nos interventions en classes amènent également les lycéen·nes à ouvrir leur esprit, questionner leur rapport à l'environnement et prendre conscience qu'ils peuvent avoir un avis, une place à prendre dans l'espace et dans la société." 


---------------------

* Dispositif de l'Education nationale, les Cordées de la réussite reposent sur un partenariat entre une "tête de cordée" (un établissement d'enseignement supérieur) et des établissements "encordées". Ce partenariat se traduit par un ensemble d'actions d'accompagnement mises en oeuvre dans l'établissement, pour donner à chaque élève les moyens de sa réussite dans l'élaboration de son projet d'orientation, quel que soit le parcours envisagé. 

** et financé par l'Etat (via le dispositif Etoile) et par Nantes métropole

Mis à jour le 06 mars 2026.