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Julie Gavard : au cœur de la recherche sur les tumeurs cérébrales
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Le 02 juin 2026false false
A l'occasion du mois de mai dédié à la sensibilisation aux tumeurs cérébrales, Julie Gavard, directrice de recherche au sein du Centre de Recherche en Cancérologie et Immunologie Intégrée de Nantes-Angers (CRCI2NA - Nantes Université - CNRS - Inserm - Université d'Angers), revient sur son parcours, son travail et ses recherches sur le glioblastome, tumeur cérébrale agressive.
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Qu’est-ce qui vous a orienté à travailler sur les tumeurs cérébrales ?
Je suis directrice de recherche au CNRS au sein du Centre de Recherche en Cancérologie et Immunologie Intégrée de Nantes-Angers (CRCI2NA) que j’ai rejoint en 2015. Mon parcours s’est construit progressivement au croisement des neurosciences et de la biologie vasculaire. J’ai d’abord réalisé une thèse en neurosciences, puis un postdoctorat aux États-Unis consacré au système vasculaire. À mon retour en France, j’ai rencontré des chercheurs spécialisés dans les tumeurs cérébrales.Cette collaboration a marqué un tournant dans mes recherches et m’a permis de développer des projets autour de la signalisation cellulaire, système de communication entre cellules. C’est d’ailleurs cette thématique qui a inspiré le nom de notre équipe de recherche "Signalisation dans l’oncogenèse, l’angiogenèse et la perméabilité".
Sur quoi portent vos recherches aujourd’hui ?
Mes recherches portent principalement sur le glioblastome, la tumeur maligne du cerveau la plus fréquente chez l’adulte. Chaque année, entre 3 000 et 5 000 personnes sont touchées en France. Malgré les progrès médicaux, les traitements restent aujourd’hui principalement palliatifs. Cette maladie touche le cerveau, siège de nos émotions, de notre mémoire et de notre personnalité. L’un des grands enjeux de la recherche est de comprendre ce qui se passe au cœur de la tumeur : comment elle se développe, pourquoi certaines cellules deviennent plus agressives et pourquoi la maladie réapparaît parfois.Au sein de mon équipe, nous étudions la manière dont les cellules tumorales communiquent entre elles afin de mieux comprendre le développement des tumeurs cérébrales. Chaque avancée permet d’affiner notre compréhension de la maladie et d’identifier, à terme, de nouvelles stratégies thérapeutiques. Ce mois de mai consacré aux tumeurs cérébrales permettait aussi de rappeler les enjeux de la recherche et de la sensibilisation autour de ces maladies.
Vous avez participé à l’organisation de la Semaine du Cerveau 2026, inscrite dans la dynamique européenne de la Brain Awareness Week. Que représente cet événement pour vous ?
La Semaine du cerveau est avant tout une aventure collective portée par des chercheurs et des chercheuses intéressées par le partage de connaissances scientifiques. L’objectif de cet événement est de sensibiliser le grand public à l’importance de la recherche sur le cerveau. À cette occasion, nous rencontrons des élèves pour expliquer notre métier et le quotidien au sein d’un laboratoire. L’événement permet également à de jeunes scientifiques de présenter leur parcours, d’échanger avec le public et de rendre la science plus accessible. Il est important de créer des espaces de dialogue et de transmission autour des connaissances sur le cerveau.
Vous parlez de collectif...
La recherche avance grâce au travail collectif, au partage des connaissances et aux échanges entre les acteurs et actrices de la recherche. Au sein de l’équipe, nous avons d’ailleurs une devise : "Sharing is caring", en d’autres termes, "Partager, c’est prendre soin". Cette dynamique est essentielle, et c’est aussi ce qui nourrit l’espoir de faire progresser les connaissances et, à terme, de proposer de nouvelles approches thérapeutiques pour les patients.
*Photo de l'équipe de Julie Gavard - équipe 6 du CRCI2NA