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Au cœur du projet de Nantes Université, interdisciplinarité et passerelles universitaires ouvrent la voie au décloisonnement des filières et à la diversification des compétences et savoir-faire. Autant d’atouts essentiels pour former les étudiants aux métiers de demain tels qu’architecte-ingénieur, médecin-ingénieur ou ingénieur-pharmacien.

Emilie Poirson
"Notre système de passerelles offre plusieurs portes d’entrée à de nombreuses problématiques actuelles et permet une bonne gestion de leur complexité", estime Emilie Poirson, directrice adjointe de Centrale Nantes où existe, depuis 2007, une double formation "ingénieur-architecte" ou "architecte-ingénieur", en partenariat avec l’École Nationale Supérieure d’Architecture (ENSA) Nantes.

Cette initiative s’étend à l’échelle de Nantes Université avec le développement de nouvelles passerelles entre plusieurs filières de formation portées par les établissements-composantes et les composantes, notamment dans le domaine de l’ingénierie, de l’architecture et de la santé. Polytech Nantes s’engagera dans cette voie dès l’année prochaine avec une double formation ingénieur-architecte.

"Nous voulons construire des parcours pédagogiques cohérents et adaptés, encourageant la coopération entre établissements et composantes. Les cours seront aménagés afin de faciliter un cursus exigeant : cycles préparatoires, modules, cours et dispenses spécifiques, semestre de travail au sein de l’établissement partenaire, etc." précise Emilie Poirson.

Hervé Potin Cet avis est partagé par Hervé Potin, membre de l'équipe pédagogique en charge du double-cursus ingénieur-architecte à l'ENSA Nantes : "Mes élèves viennent souvent de classes préparatoires avec un profil très orienté vers les sciences et les maths. À l’École, ils s’ouvrent à d’autres modèles, expriment davantage leur créativité. Ce phénomène d’acculturation incite au dialogue et casse le vieux cloisonnement entre le métier d’architecte et celui d’ingénieur." Par ailleurs, les doubles diplômés jouissent d’une très bonne intégration sur le marché du travail : "Leur expertise est très demandée, notamment en ce qui concerne le pilotage de chantiers ou la maîtrise d’ouvrage."



"Des combinaisons gagnantes pour répondre aux enjeux des métiers de demain"

Philippe Depince "Si l’on a tendance à opposer les métiers d’ingénieur et d’architecte, cette dichotomie est plus que jamais artificielle. Dans les faits, ces derniers travaillent souvent ensemble. D’ailleurs, si l’on considère la notion de "design" au sens large, l’innovation créative et la fonctionnalité s’y rejoignent et il n’est pas rare aujourd’hui pour des architectes ou des ingénieurs de rencontrer des problématiques sur des sujets comme la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) ou de développement durable" fait remarquer Philippe Dépincé, directeur de Polytech Nantes.

"La formation de personnalités à double compétence permet de répondre à la complexification du monde du travail. Grâce à ce système de passerelles, les problématiques ne sont plus traitées de manière séquentielle. C'est pourquoi nous travaillons aussi aujourd’hui à l’élaboration d’un cursus ingénieur-médecin et ingénieur-pharmacien." Emilie Poirson confirme : "En définitive, ces combinaisons gagnantes s’avèrent cruciales pour répondre aux enjeux des nouveaux métiers qui se dessinent, non seulement en architecture mais également dans le domaine de la santé."


"Établir un véritable vocabulaire commun entre ingénieur et médecin"

Philippe Damier Neurologue et professeur de neurologie au CHU de Nantes, Philippe Damier se réjouit de l’initiative qui a le mérite de donner un cadre académique à une vérité déjà observable sur le terrain :
"Les passerelles universitaires permettent d'établir un véritable vocabulaire commun entre ingénieur et médecin. Qu’il s’agisse de la recherche, du diagnostic ou de la création de nouvelles thérapeutiques, la technologie occupe une place toujours plus importante.
Certaines des compétences attendues d’un médecin dépassent désormais le cadre classique. Dans ma spécialité, les outils technologiques interviennent dans l’établissement de l’interface cerveau-machine et sont notamment utilisés en imagerie ou en neurochirurgie fonctionnelle. Quand on pense à la relation de la technologie au corps et à la médecine, on envisage souvent le transhumanisme, l’humain augmenté ou l’intelligence artificielle mais il s’agit d’abord et avant tout de réparer les humains."
 

Toutes les spécialités médicales sont aujourd’hui concernées : "Biomatériaux (prothèses), biofabrication, intelligence artificielle appliquée aux données scientifiques, personnalisation des dispositifs implantables, télémédecine, opérations assistées, approche mathématique et statistique nécessaire pour l’analyse des données médicales du Big Data… Autant de champs d’application où nos étudiants pourront rayonner " projette Emilie Poirson.

 
Contact
L'élaboration de ces doubles diplômes est accompagnée par le Centre de développement pédagogique (CDP) créé dans le cadre du projet NExT.