https://u-news.univ-nantes.fr/medias/photo/cash-1342228-1280_1654680069337-jpg
  • Le 08 juin 2022
    false false

Pour des nombreux intellectuels, les élections de Margaret Thatcher en 1979 au Royaume-Uni et de Ronald Reagan en 1980 aux États-Unis ont conduit à transformer le rôle de l’État dans l'économie en ouvrant une ère "néo-libérale" fondée sur une confiance aveugle dans les mécanismes de marché. Inspiré des travaux d'économistes tels que Milton Friedman ou Friedrich Hayek, le nouvel art néolibéral de gouverner a effectivement transformé le monde en profondeur. Néanmoins, il est sans doute réducteur de caractériser le néolibéralisme comme une simple réduction du rôle de l’État. En pratique, la gouvernance néolibérale s'apparente davantage à une "gouvernance par les nombres" (pour reprendre l'expression d'Alain Supiot) qui s'appuie sur un État fort. Son objectif principal est de mettre en œuvre un management tendant à développer des mécanismes incitatifs afin d'optimiser les comportements individuels. Dans ce cadre, la mondialisation et l'extension des marchés tiennent un rôle central.



David Cayla est économiste, enseignant-chercheur à Angers et chercheur au Granem. Membre du collectif des Économistes atterrés il a publié de nombreux ouvrages dont L’Économie du réel face aux modèles trompeurs (2018) et Populisme et néolibéralisme : il est urgent de tout repenser (2020), tous deux aux éditions De Boeck Supérieur. Il défend une science économique ancrée dans les sciences sociales.