- PUI Nantes Université
Biothérapie, jeu éducatif, drone autonome… Découvrez les lauréats des trophées de l’innovation du PUI Nantes Université
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Le 23 janvier 2026false false
Jeudi 18 décembre, le Pôle universitaire d’innovation (PUI) Nantes Université remettait ses trophées de l’innovation. Cinq projets de recherche – un par filière structurante - et deux personnalités se sont vus remettre un prix, lors d’une soirée conviviale à la Halle 6 Ouest. Une occasion réussie de souligner la diversité et l’énergie de la recherche nantaise, dont témoigne le portrait des lauréats 2025.
Filière industrie du futur – un drone autonome pour le transport de doses vitales
Porté par Pascal Casari, professeur spécialisé en matériaux composites, caractérisation mécanique et relations procédé-propriétés au sein du laboratoire GeM, le projet Drone Vital ambitionne d’utiliser ce nouveau moyen de transport pour répondre à des besoins de santé difficilement couverts aujourd’hui, comme la livraison en urgence de doses vitales de médicaments, type seringues d’adrénaline.Ce drone se veut low cost, mais doté d’un très bon cerveau (avec IA embarquée), fabricable en quelques jours et adapté exactement à la mission. Ce projet s’inscrit pleinement dans les enjeux auxquels doivent faire face les groupements hospitaliers et certains territoires difficiles d'accès (campagnes, mer, montagne, îles...). Initié en 2023, le projet drone vital a obtenu un financement de 50K€ qui a permis de réaliser une première preuve de concept. Pascal Casari a obtenu un congé innovation, financé par le PUI, permettant une modulation de service, avec une décharge d’heures pour se consacrer à ce projet.
Filière santé du futur – une biothérapie pour soigner l’une des plus fréquentes et plus mortelles infections en réanimation
Principale cause de décès chez des patients gravement malades, avec un taux de mortalité de 30%, la pneumonie nosocomiale sévère se heurte à l’heure actuelle à une limite thérapeutique. Le traitement antibiotique élimine le pathogène mais n’aide pas le poumon à retrouver son état normal, ce qui empêche la guérison complète du patient. Le traitement antibiotique se révèle être un échec dans 35 à 40% des cas pouvant, à terme, mener au décès.Le projet SymbioLung, porté par Antoine Roquilly, Emmanuel Montassier et Lise Clément du laboratoire CR2TI et du CHU Nantes, s’appuie sur dix ans de recherche et une compréhension fine du système immunitaire et du microbiome pulmonaire. Son objectif : restaurer, par une biothérapie s’inspirant des probiotiques, les « bonnes bactéries » du poumon pour aider les patients à guérir. L'utilisation de cette stratégie thérapeutique serait une première mondiale dans le poumon.
Bien avancé en termes de valorisation, ce projet biotech à fort potentiel devrait donner lieu à la création d’une start-up incubée par Atlanpole. Elle vise en objectif clinique une première administration chez l’homme dans environ trois ans.
Filière sciences humaines et sociales – un jeu éducatif pour évaluer la compétence logique booléenne
Fondement de l’informatique, la logique booléenne permet de formaliser des raisonnements à l’aide de connecteurs tels que ET, OU, NON (entre autres). Si cette logique n’est enseignée explicitement qu’au lycée et à l’université, elle est mobilisée bien plus tôt, dès l’émergence du langage, dans la vie quotidienne et les apprentissages scolaires, sans jamais être dissociée de sa forme linguistique. Contrairement aux formules mathématiques, précises et non ambiguës, le langage naturel est source d’ambiguïtés (négation, double négation, inférences, ...). Le langage peut ainsi devenir un frein à l’apprentissage des mathématiques, en rendant difficile la distinction entre difficultés de raisonnement et difficultés de compréhension de l’énoncé. Ces obstacles sont encore renforcés chez les enfants allophones ou plurilingues. L’apprentissage des mathématiques en contexte multilingue constitue ainsi une source majeure d’inégalités éducatives.Le projet Cool Boole School Game, imaginé par le laboratoire LLING et développé par Hamida Demirdache, David Imbert, Oana Lungu, Antoine Cochard et Sophie Moracchini, vise à répondre à cette problématique. À travers une intrigue située dans l’Égypte ancienne, les élèves manipulent des symboles représentant l’algèbre de Boole sans jamais passer par le langage. Le jeu permet ainsi de dissocier les compétences de raisonnement logique, des compétences linguistiques. Déjà bien avancée, la version complète du jeu sera finalisée en 2026, en collaboration avec un game designer, puis intégrée à une plateforme éducative validée scientifiquement. Un protocole de recherche impliquant environ 150 enfants sera parallèlement mis en place afin d’en évaluer les effets sur les apprentissages à court et moyen terme. Le jeu pourra être utilisé dans différents contextes — à l’école, en cabinet d’orthophonie ou au sein de parcours d’apprentissage spécialisés — mais également à la maison, sous la forme d’un jeu de réflexion éducatif, manipulable et autonome.
Filière numérique – un système pour gérer les ressources numériques de manière décentralisée
Le projet SeMaFoR, porté par Thomas Ledoux, Hélène Coullon, Hugo Brunelière et Charles Prud’homme du laboratoire LS2N, part d’un constat : les ressources informatiques sont de plus en plus réparties (smartphones, serveurs locaux, cloud…). Plutôt que d’augmenter sans cesse la puissance des data centers, mutualiser la ressource existante entre différents acteurs, automatiquement et intelligemment, comme des collègues qui s’entraident quand l’un manque de temps, permettrait de répondre à des enjeux structurants de sobriété numérique et de rationalisation des infrastructures. SeMaFoR propose un système permettant à différentes « zones » de calcul (écoles, universités, villes, entreprises…) de partager leur puissance quand l’un des acteurs en manque. Via un protocole de coordination décentralisé, le système décide alors « qui prête sa ressource, à quel moment et à quelle priorité ».Trois briques structurantes ont déjà été développées : langage de description d’architecture pour décrire l’urbanisation des différentes « zones » et exprimer leurs contraintes ; algorithmes de coordination et consensus distribué pour organiser le partage des ressources ; mécanismes de reconfiguration dynamique pour récupérer la ressource une fois prêtée. Le projet en est au stade de démonstrateur, avec un logiciel open source déjà en ligne. La valorisation industrielle reste à construire, mais les perspectives sont prometteuses.
Filière énergie mer environnement – un ensemble de projets collaboratifs pour agir collectivement contre le changement climatique
Avec sa côte très variée et ses dynamiques d’érosion différentes, l’île d’Yeu, dans le département de Vendée, s’avère être un terrain idéal pour observer les effets du changement climatique. Elle fait l’objet de quatre projets pluridisciplinaires et inter filières portés par Agnès Baltzer du laboratoire LETG et Elsa Cariou, ingénieure de recherche à l'OSUNA, qui développent une approche collaborative pour mener au changement.Le projet ODySéYEu vise à établir un bilan sédimentaire précis de l’île, à partir d’outils participatifs, pour assurer la veille environnementale de demain sur l’île. ODySéîles propose aux insulaires de quatre îles (Yeu, Noirmoutier, Mayotte, Ouvéa) de se projeter dans le futur et tester les conséquences de divers scénarios écologiques, mais aussi politiques et économiques, afin de déterminer les trajectoires et solutions les plus pertinentes pour leur territoire. OMISSY vise à co-construire et déployer des solutions d’adaptation au changement climatique pour l’île d’Yeu en mobilisant la population et en s’appuyant sur la psychologie sociale de l’environnement pour favoriser l’acceptabilité des actions. Enfin, SPOPY a pour objectif de sensibiliser la population via une approche art sciences et faciliter la mise en mouvement. Au cœur de ces quatre projets, un défi : passer de ‘savoir’ à ‘agir’ et agir collectivement.
Deux personnalités de l’innovation récompensées nominativement
Outre ces projets de recherche, un trophée « Serial Valorisateur » et un « Jeune talent » ont été remis le 18 décembre.Ancien vice-président Valorisation Transfert de Nantes Université de 2013 à 2020, orchestrateur des premières briques du PUI, Thierry Brousse a reçu le prix de « Serial Valorisateur ». Une récompense venant consacrer sa fine connaissance de l’écosystème de valorisation incarnée dans les douze familles de brevets déposées et les multiples innovations transférées à l’industrie depuis plus de quinze ans sous sa houlette.
Ziad Maksassi, ingénieur de recherche au laboratoire ISOMer, a quant à lui obtenu le prix « jeune talent » pour son projet Cathsubio. Issu de sa thèse réalisée au sein des laboratoires LTEN et GeM, sur les effets de la biocolonisation sous-marine (ces algues, coquillages qui se posent et colonisent les surfaces immergées) sur les câbles électriques des éoliennes flottantes, Cathsubio est un capteur qui surveille en continu la biocolonisation, pour permettre une maintenance prédictive. Un prototype a déjà été développé et via l’accompagnement de la SATT Ouest Valorisation, des brevets ont déjà été déposés. Incubé à Atlanpole et Kivo, le projet devrait déboucher sur la création d’une startup en 2026/2027.
Le PUI Nantes Université
Le Pôle Universitaire d'Innovation (PUI) Nantes Université regroupe l’ensemble des acteurs clés de l’écosystème d’innovation du territoire Loire-Atlantique/Vendée, soit 17 établissements, dont Nantes Université en chef de file. Il vise à favoriser et accélérer l’utilisation des résultats de la recherche à travers une politique ambitieuse en faveur de l’innovation et de la création de startups deeptech.Fondateurs du PUI Nantes Université
Partenaires académiques
Mis à jour le 29 janvier 2026.